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CBD et mineurs : chez nous, c'est non. Ce que dit vraiment la loi en 2026

Façade de l'Assemblée nationale à Paris, où a été déposée la proposition de loi n° 3152 sur la vente de CBD aux mineurs

Façade de l'Assemblée nationale à Paris, où a été déposée la proposition de loi n° 3152 sur la vente de CBD aux mineurs

Chez Cloud Store, la réponse tient en trois mots : pas aux mineurs. Le site est réservé aux plus de 18 ans dès la première page, et nous appliquons cette règle sans exception. Côté loi, c'est moins net qu'on le croit : à ce jour, aucun texte n'interdit explicitement, sanction à l'appui, la vente de CBD à un mineur. Le Sénat a voté cette interdiction en mai 2026, elle n'a pas survécu à la navette parlementaire, et une proposition de loi déposée le 15 septembre veut la réintroduire. Voici où on en est, texte par texte.

Article d'actualité à jour au 23 septembre 2026. Textes vérifiés sur Légifrance et sur les sites de l'Assemblée nationale et du Sénat.

Peut-on vendre du CBD à un mineur en France ?

Aucun texte ne l'interdit explicitement aujourd'hui. Le Code de la santé publique consacre un chapitre aux « produits à fumer à base de plantes autres que le tabac », la catégorie qui vise les fleurs de chanvre vendues pour être fumées. Ses six articles (L. 3514-1 à L. 3514-6) traitent de l'étiquetage, des avertissements sanitaires et de la déclaration des ingrédients, pas de l'âge de l'acheteur (Légifrance). Aucune règle d'âge n'existe non plus pour les huiles ou les cosmétiques au CBD.

Le contraste avec le tabac est net. L'article L. 3512-12 du même code interdit de vendre ou d'offrir « à des mineurs de moins de dix-huit ans des produits du tabac », et le vendeur doit exiger une preuve de majorité (art. L. 3512-12). L'article L. 3513-5 prévoit la même règle pour les produits du vapotage (art. L. 3513-5). Les autres plantes à fumer, CBD compris, ne sont pas visées.

Les auteurs de la proposition de loi n° 3152 le reconnaissent eux-mêmes : il faut, écrivent-ils, « consacrer légalement l'interdiction de vente aux mineurs en lui conférant une base légale explicite et des sanctions effectives ». En pratique, les vendeurs sérieux appliquent déjà le +18 par précaution. C'est notre règle depuis le premier jour. Pour l'ensemble du cadre légal, voir notre guide sur le CBD légal en France en 2026.

Mai 2026 : le Sénat avait voté l'interdiction

En mai 2026, lors de l'examen du projet de loi RIPOST en première lecture, le Sénat a adopté un amendement du Gouvernement (n° 272). Pour les produits à fumer à base de plantes autres que le tabac, il interdisait deux choses : leur vente en distributeur automatique, et leur vente ou leur don aux mineurs de moins de 18 ans (Sénat, amendement n° 272).

L'exposé de l'amendement donnait les chiffres qui motivaient la mesure : 345 signalements de vapotage de cannabinoïdes de synthèse en 2025, dont 71 % concernaient des jeunes de 13 à 18 ans, puis 125 signalements au seul premier trimestre 2026, avec deux décès rapportés.

La mesure n'a pas survécu. La commission mixte paritaire du 21 juillet a supprimé l'article sur les distributeurs automatiques (Le Monde du Tabac, 22 juillet 2026), et la loi n° 2026-798 du 18 août 2026 a été promulguée sans ces interdictions : à notre connaissance, aucune ne figure dans le Code de la santé publique au 23 septembre 2026. La loi RIPOST concerne en revanche les consommateurs de CBD sur un autre terrain, celui de la conduite : on détaille ce qu'elle change au volant.

Distributeurs automatiques : le précédent du Pas-de-Calais

Faute de loi, c'est un préfet qui a agi. À Bruay-la-Buissière, un distributeur automatique de CBD installé près d'un collège a fait polémique au printemps. Le 7 mai 2026, le préfet du Pas-de-Calais a pris un arrêté qui interdit ces distributeurs dans un rayon de 500 mètres autour des établissements scolaires (France 3 Hauts-de-France, 8 mai 2026). Le préfet y voyait un facteur de banalisation du CBD auprès des jeunes.

Un arrêté préfectoral ne vaut que dans son département. C'est pourtant ce cas qui a inspiré la proposition de loi déposée quatre mois plus tard : son exposé des motifs cite nommément Bruay-la-Buissière.

Ce que changerait la proposition de loi n° 3152

Hémicycle vide de l'Assemblée nationale, où la proposition de loi n° 3152 sur la vente de CBD aux mineurs a été déposée le 15 septembre 2026
L'hémicycle de l'Assemblée nationale. Photo : David Henry / Pexels.

Déposée le 15 septembre 2026 par le député Thierry Frappé et plusieurs de ses collègues, renvoyée à la commission des affaires sociales, la proposition de loi n° 3152 crée dans le Code de la santé publique un livre consacré à la « lutte contre la banalisation des produits contenant des cannabinoïdes » (Assemblée nationale, texte intégral). Elle n'est pas adoptée : rien de ce qui suit ne s'applique aujourd'hui.

Article Ce qu'il prévoit Sanction
Art. 1 (L. 3551-1) Interdiction de vendre ou d'offrir des produits à base de CBD ou d'autres cannabinoïdes aux moins de 18 ans, dans tout commerce ou lieu public. Le vendeur doit exiger une preuve de majorité. Exception : la délivrance dans un cadre médical ou pharmaceutique. Amende de 5e classe, jusqu'à 1 500 €
Art. 2 (L. 3551-2) Aucun distributeur automatique à moins de 500 mètres des établissements d'enseignement, des CFA, des lieux d'accueil et de loisirs de mineurs, des équipements sportifs qu'ils fréquentent, et des établissements de santé ou médico-sociaux. Distance mesurée en ligne droite entre les accès les plus proches. Voir art. 3
Art. 3 Sanction des distributeurs mal implantés, mise en demeure par le préfet, puis retrait aux frais de l'exploitant. 7 500 € d'amende
Art. 4 et 5 Décret d'application en Conseil d'État. Six mois de mise en conformité pour les distributeurs déjà installés. —

Deux différences avec l'amendement RIPOST

Le périmètre est bien plus large. L'amendement voté au Sénat ne visait que les produits à fumer ; la proposition vise tous les produits au CBD ou aux cannabinoïdes, huiles et cosmétiques compris. Le texte contient aussi une coquille : son article 3 sanctionne la violation d'un « article L. 3513-5-1 », alors que la règle des 500 mètres est créée à l'article L. 3551-2. Ce genre d'erreur se corrige en commission, si le texte y est examiné.

Les arguments de ses auteurs

L'exposé des motifs invoque des recherches de l'Inserm selon lesquelles le système endocannabinoïde joue un rôle dans la maturation du cerveau jusqu'à 25 ans, ainsi que la proposition de l'ANSES, en mars 2025, de classer le CBD comme substance présumée toxique pour la reproduction (catégorie 1B). Cette proposition suit la procédure européenne de classification des substances, qui passe par l'Agence européenne des produits chimiques (ANSES, 21 mars 2025).

Pourquoi nous refusons, loi ou pas

Parce qu'un adolescent n'est pas notre public, et que le vrai danger, à cet âge, vient d'ailleurs. Les chiffres de l'amendement RIPOST le montrent : ce sont les vapes aux cannabinoïdes de synthèse vendues comme du « CBD » qui concentrent les signalements chez les 13-18 ans. En juin 2025, l'ANSM alertait déjà sur « plusieurs centaines d'intoxications » recensées depuis début 2024 avec des produits vendus comme du CBD, qui contenaient en réalité du HHC, du H4-CBD, du MDMB-PINACA ou un taux de THC supérieur à 0,3 % (ANSM, 19 juin 2025). Un adolescent qui achète dans un distributeur ou sur un site sans contrôle ne sait pas ce qu'il consomme. Nous expliquons ces molécules dans notre guide sur les cannabinoïdes de synthèse vendus comme du CBD.

Ce que nous faisons concrètement

  • Le site est réservé aux plus de 18 ans : une vérification d'âge s'affiche dès l'entrée, et la mention « vente strictement interdite aux mineurs » figure sur chaque page.
  • En livraison en main propre, proposée uniquement dans le centre-ville d'Angoulême, nous vérifions l'âge du destinataire à la remise. Pour les envois par transporteur, le contrôle se fait en amont, sur le site.
  • Aucun distributeur automatique, et aucun produit aux cannabinoïdes de synthèse (HHC, H4CBD, THCP).

Parents : votre ado a acheté du « CBD », que faire ?

D'abord, regarder ce qu'il a vraiment acheté. Une vape ou un e-liquide acheté dans un distributeur, sur un réseau social ou sur un site sans vérification d'âge est le cas le plus préoccupant : sans étiquette complète ni certificat d'analyse, personne ne peut dire ce qu'il contient. Un produit étiqueté, vendu par un commerçant identifiable, se vérifie : taux de THC, composition, numéro de lot. Une fleur de CBD ressemble aussi beaucoup à du cannabis ; on explique pourquoi le CBD est parfois pris pour une drogue.

Ensuite, en parler plutôt que confisquer en silence, et se faire aider si besoin. Deux services gratuits et anonymes répondent aux familles comme aux jeunes : Drogues Info Service au 0 800 23 13 13 (7 j/7) et Fil Santé Jeunes au 0 800 235 236, pour les 12-25 ans (filsantejeunes.com). En cas de malaise après une consommation, appelez le 15.

Ce que nous ne ferons pas

Vous conseiller un produit ou un dosage pour un adolescent, même « pour le stress » ou « pour dormir ». Le CBD n'est pas un médicament, et un mineur n'est pas notre public. Pour une question de santé, c'est le médecin traitant.

Questions fréquentes

Un mineur peut-il acheter du CBD en ligne ?

Aucune loi ne l'interdit explicitement à ce jour, mais les vendeurs sérieux s'y refusent, avec une vérification d'âge à l'entrée du site et des conditions de vente réservées aux majeurs. Chez Cloud Store, la vente aux mineurs est interdite.

À partir de quel âge peut-on acheter du CBD en France ?

18 ans, en pratique. Contrairement au tabac et au vapotage, la loi ne fixe pas encore d'âge minimum pour le CBD, mais la plupart des vendeurs appliquent le +18 par précaution. La proposition de loi n° 3152 veut l'inscrire dans le Code de la santé publique.

La proposition de loi n° 3152 sur le CBD est-elle en vigueur ?

Non. Déposée le 15 septembre 2026 et renvoyée à la commission des affaires sociales, elle n'a été ni examinée ni adoptée. Aucune de ses interdictions ne s'applique.

Les distributeurs de CBD sont-ils interdits près des écoles ?

Pas au niveau national. Dans le Pas-de-Calais, un arrêté préfectoral du 7 mai 2026 les interdit à moins de 500 mètres des établissements scolaires. La proposition de loi n° 3152 étendrait une règle de ce type à toute la France.

Un vendeur risque-t-il une sanction s'il vend du CBD à un mineur ?

Aucune sanction spécifique n'est prévue par la loi aujourd'hui. Si la proposition de loi n° 3152 était adoptée, ce serait une amende de 5e classe, jusqu'à 1 500 €, comme pour le tabac. Un produit qui dépasse 0,3 % de THC reste en revanche un stupéfiant, quel que soit l'âge de l'acheteur.

En résumé

La vente de CBD aux mineurs n'est pas encore interdite par un texte national. Le Sénat l'a votée en mai, la mesure est tombée en juillet, un préfet a agi localement, et la proposition de loi n° 3152 veut combler le vide. Chez Cloud Store, la question est tranchée : pas de vente aux moins de 18 ans. Nous mettrons cet article à jour si le texte est examiné en commission. Pour le reste du cadre légal, voir ce que dit la loi sur le CBD en France.

Informations à jour au 23 septembre 2026. Cet article présente l'état des textes et ne constitue pas un avis juridique.

Sources
  • Assemblée nationale, proposition de loi n° 3152 visant à encadrer strictement la vente de produits à base de cannabidiol, déposée le 15 septembre 2026 — consulté le 23/09/2026 — assemblee-nationale.fr
  • Sénat, amendement n° 272 du Gouvernement au projet de loi RIPOST (texte n° 602, 2025-2026), adopté — consulté le 23/09/2026 — senat.fr
  • Code de la santé publique, articles L. 3514-1 à L. 3514-6 (produits à fumer à base de plantes autres que le tabac) — consulté le 23/09/2026 — Légifrance
  • Code de la santé publique, article L. 3512-12 (tabac et mineurs) — consulté le 23/09/2026 — Légifrance
  • Code de la santé publique, article L. 3513-5 (vapotage et mineurs) — consulté le 23/09/2026 — Légifrance
  • Le Monde du Tabac, « Loi Ripost : maintien des distributeurs automatiques des produits du vapotage », 22 juillet 2026 — consulté le 23/09/2026 — lemondedutabac.com
  • France 3 Hauts-de-France, « Trop près d'un collège, ce distributeur de CBD faisait polémique : la préfecture prend un arrêté », 8 mai 2026 — consulté le 23/09/2026 — franceinfo.fr
  • ANSM, « Augmentation des intoxications causées par des produits à base de CBD contenant d'autres substances », 19 juin 2025 — consulté le 23/09/2026 — ansm.sante.fr
  • ANSES, « ANSES proposes that cannabidiol (CBD) be classified as a presumed human reproductive toxicant », 21 mars 2025 — consulté le 23/09/2026 — anses.fr
  • Fil Santé Jeunes, « La ligne d'écoute » — consulté le 23/09/2026 — filsantejeunes.com
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